Organisation africaine des syndicats des mines et métaux, de l’énergie, de la chimie et des activités assimilées (OASMMECA)
L’OASMMECA est l’une des plus importantes organisations syndicales continentales, jouant un rôle central dans la défense des droits des travailleurs dans des secteurs vitaux et stratégiques tels que les mines, l’énergie, le pétrole, la chimie et les industries similaires en Afrique.

1. Création et contexte historique
L’OASMMECA a été fondée le 2 août 1979 à Nairobi (Kenya) sous le nom de « Syndicat africain des mines », à l’issue d’une rencontre regroupant dix syndicalistes venus d’Algérie, de Tunisie, du Togo, du Niger, du Kenya, du Congo, du Sénégal, de la Zambie, du Niger et du Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo).
Cette fondation s’inscrivait dans un contexte marqué par la montée des mouvements ouvriers et le rôle croissant des syndicats dans l’Afrique post-coloniale, où les peuples cherchaient à renforcer leur souveraineté économique et sociale en construisant des instruments de lutte unifiés et solides.
2. Ses principaux congrès
- Deuxième congrès (1981 – Alger) : tenu les 1er et 2 juin 1981 au Palais des Pins, il a décidé le transfert du siège de Nairobi à Alger, avec la participation de représentants de 45 pays africains, consolidant ainsi la force politique et organisationnelle de l’organisation.
- Troisième congrès (1986 – Le Caire) : élargissement du champ d’action aux secteurs de l’énergie, du pétrole et de la chimie, et adoption du nom actuel.
- Quatrième et cinquième congrès – Le Caire : axés sur le renforcement des capacités syndicales face aux privatisations et aux politiques d’ajustement structurel imposées par les institutions financières internationales.
- Sixième congrès – Maroc : insistance sur l’unité des syndicats africains face à l’exploitation étrangère des ressources naturelles et à la précarité des conditions de travail.
- Septième congrès (20 novembre 2023 – Alger) : discussions sur la transition énergétique, le changement climatique, la numérisation et leurs impacts sur l’avenir du travail. Le congrès a insisté sur la nécessité d’une transition juste, garantissant les droits des travailleurs et la sécurité énergétique et alimentaire du continent.
3. Missions et objectifs
- Défense des droits sociaux, économiques et professionnels des travailleurs.
- Renforcement de la solidarité et de l’unité syndicale africaine.
- Développement des compétences via la formation et l’échange d’expériences.
- Plaidoyer auprès des gouvernements et organisations internationales.
- Lutte contre l’exploitation, le travail informel et la discrimination.
- Accompagnement des transformations technologiques et industrielles dans une optique de justice sociale.
4. Partenariats et coopération internationale
L’OASMMECA entretient des relations de partenariat avec :
- l’Organisation internationale du travail (OIT),
- la Fédération syndicale mondiale,
- l’Union africaine.
Elle développe également la coopération avec les universités, centres de recherche et ONG, afin d’élaborer des stratégies globales en faveur du syndicalisme et du développement durable.
5. Défis actuels et perspectives
L’organisation fait face à plusieurs défis :
- précarité de l’emploi dans le secteur informel,
- risques professionnels et insuffisance des conditions de sécurité,
- mutations technologiques rapides sans formation adéquate,
- politiques libérales menaçant l’emploi et la protection sociale.
Malgré ces obstacles, l’OASMMECA poursuit son action pour une Afrique syndicale unifiée, consciente et active, plaçant le travailleur au cœur du développement continental et défendant son droit à un travail décent et à la justice sociale.